Le fil conducteur du développement c’est l’électricité ! – Manifeste pour l’électrification rurale

Quels facteurs incitent les personnes à migrer ? Le récent débat électoral a mis en lumière au combien les français semblaient préoccupés par la question des immigrés en France, mais quelle est l’origine des mouvements migratoires ? Qu’est ce qui pousse des centaines de milliers de gens à quitter leurs lieux de vie pour risquer la mort dans un périple entre le vent, les marées et les incertitudes ? Quel est le lien entre la migration et le développement ?

Comme pour chaque problème complexe, les réponses le sont également et admettent différents niveaux de lecture. La migration a toujours constitué la plus grande richesse de l’humanité. Elle est à la base de nos échanges, de nos cultures et de nos modes de vie. La mondialisation est la dernière expression de ce phénomène intrinsèque à l’humanité, cela nous renvoie à ce qui fait de nous des femmes et des hommes.

Nous migrons chaque jour d’un point A à un point B pour notre travail, le week-end nous migrons d’un point C vers un D pour nos loisirs. Le mouvement fait partie de nos vies et en devient le synonyme parce que nous avons la chance de vivre dans une société où tout est mis à notre portée pour faire de nous des sédentaires. Dans d’autres régions du monde, au Burkina Faso, dans la région de Zoundwéogo par exemple, le travail, l’éducation, la santé et les loisirs ne sont pas à portée de migration journalière. La migration sur de longues distances devient alors essentielle lorsqu’on veut s’émanciper de la précarité de son lieu de naissance. Cette migration sur de longues distances est économique et environnementale.

Au Burkina Faso, “ Pays des hommes intègres”, seulement 5% de la population rurale a accès à l’électricité, ce qui constitue un énorme frein à leur développement social et économique. Sans électricité pas d’éclairage, pas de réfrigération, pas de système de santé, l’école est limitée aux heures d’ensoleillement et dénuée de moyens techniques adaptés à des classes surpeuplées, pas d’internet et donc pas de connexion avec la culture monde qui tisse un lien depuis plus de 30 ans entre les peuples. Sans électricité, l’homme ne peut évoluer au rythme de la société monde qui l’entoure. Or, celui qui n’évolue pas tend à disparaître.

Le Burkina Faso possède une ressource naturelle en abondance au milieu de ses plaines sahéliennes arides : le Soleil.  Afin de permettre à ses habitants de ne pas déserter leurs lieux de vie, il convient de capitaliser sur les bénéfices de cette ressource solaire pour développer ces régions. C’est dans ce cadre que nous avons développé le programme Energie Entrepreneur. En étudiant tous les aspects du milieu dans lequel les populations évoluent, nous avons développé le concept d’Unité Locale de Production Énergétique (ULPE pour les intimes).

Une ULPE est une centrale solaire adaptée aux besoins énergétiques d’une population donnée. Gérée de manière tri-partite entre la collectivité locale, l’exploitant et un comité représentant les populations directement concernées, les ULPEs se démarquent de ce qui a précédemment été fait en la matière de par leur gestion logistique et les systèmes mis en place pour assurer leur pérennité. Nous associons des formations techniques, pour leur entretien, à des formations professionnelles, de l’accompagnement dans la création d’entreprises locales et des financements issus de la microfinance à nos implantations. L’objectif de cette démarche singulière est de faire en sorte que l’arrivée de l’électricité dans ces zones reculées soit le point de départ d’un développement socio-professionnel inclusif et multilatéral au service des populations bénéficiaires. En donnant un coup de jus au cercle vertueux du développement, le SIAD cherche à autonomiser des populations qui jusqu’alors migrent dans des centres urbains où elles entrent en concurrence sur le marché du travail avec des populations similaires, non qualifiées, venant de l’ensemble du pays. Nous avons déjà construit 7 ULPEs, nous voulons renforcer leur puissance et en construire 3 de plus.

Le SIAD partage une autre vision du développement, donner toutes les cartes aux populations dans le besoin pour les rendre autonomes, faire de leur volonté de changement le moteur de leur propre élévation économique et sociale. Nous pensons que seuls les africains sont capables d’entreprendre pour créer une Afrique dont le sol sera au moins aussi riche que le sous-sol. Nous sommes convaincus que l’entrepreneuriat, associé au développement des infrastructures de la modernité, permettra de créer l’Afrique de Demain.

Plus qu’une équation, le développement est une chaîne de conséquences positives qui sautent les étapes historiques sur le chemin du progrès social.

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