L’engagement de Chanda Rodriguez-Pires pour l’accueil des handicapés en Guinée-Bissau

DSC_0158Chanda Miguel Rodriguez-Pires est guinéenne et porte un projet de centre d’accueil des enfants handicapés. Sa rencontre avec Nestor, le fils autiste de son compagnon, a déclenché cette idée de projet. Face à l’accompagnement que Nestor a reçu en France, elle a pris conscience du manque de structures dédiées aux enfants handicapés en Guinée-Bissau. Elle s’est lancée avec le soutien de sa famille et de ses amis dans la mise en place d’une structure éducative pouvant accueillir les enfants et les jeunes autistes.

Quel est ton parcours professionnel ? Quelles études as-tu fait ?

J’ai passé l’équivalent du bac en Guinée-Bissau et j’ai suivi une formation en secrétariat. J’ai suivi une formation avec la Ville de Paris sur l’écriture de projets. J’aimerais suivre une formation plus centrée sur le handicap.

Peux-tu décrire ton projet ?

Mon projet est de construire un centre d’accueil pour les enfants et les jeunes handicapés. Ils seront accueillis, hébergés et soignés. Il reproduit le modèle de la Ferme de la Lendemaine, qui a accueilli Nestor en France. Les jeunes guinéens pourront réaliser des activités d’agriculture, d’élevage et d’artisanat. Ils produiront leurs repas et le surplus sera vendu pour financer des vacances.

J’ai commencé à réfléchir à ce projet et à me renseigner en 2015. La construction du centre devrait commencer en 2017.

Comment sont accompagnés les enfants handicapés aujourd’hui en Guinée-Bissau ?

Si la famille peut s’en occuper, ces enfants restent et les parents s’en occupent. Malheureusement, dans certains cas, ils sont abandonnés : ils peuvent être vus comme un danger pour la famille et représenter des dépenses trop importantes pour les parents pauvres. Mon projet est le premier en Guinée-Bissau à s’occuper des handicapés mentaux.

Comment se fera l’accueil dans le centre ?

Je veux d’abord aller voir la famille des enfants handicapés. On remplira ensemble les papiers pour accueillir les enfants au sein du centre. L’accueil pourra se faire comme ils le souhaitent, sur plusieurs jours ou seulement pour quelques heures. Les parents pourront aussi participer à la vie du centre, même de manière ponctuelle. J’espère aussi pouvoir accompagner des enfants dans leur famille s’ils ont besoin de soins ou de nourriture par exemple.

Quelle est ton ambition pour ce projet ?

Après ce premier centre, je voudrais installer d’autres centres, notamment deux dans la capitale et un autre plus loin.

Avec qui travailles-tu sur ce projet ?

Pour l’instant, je travaille surtout avec ma famille sur place et mes amis. Ils me soutiennent de manière bénévole et je réalise les dépenses pour la construction avec mon argent.

Qui peut aider ton projet ?

Je cherche beaucoup de partenaires sur ce projet. Je me suis rapproché d’associations d’handicapés et de grandes organisations qui pourraient soutenir mon projet. Je cherche aussi à obtenir des réductions sur les matériaux de construction en me rapprochant d’entreprises. Enfin, je cherche des financements d’institutions publiques.

Chanda lors de sa rencontre avec le Ministre de la Santé de Guinée-Bissau

Chanda lors de sa rencontre avec le Ministre de la Santé de Guinée-Bissau

En parlant d’institutions, quelle est ta relation avec les autorités en Guinée-Bissau ?

Il y a beaucoup de formalités et de papiers avec le gouvernement. Mais le projet s’appuie sur les ministères pour beaucoup de choses. Le ministère de la Santé sera en charge de payer les salaires des médecins présents sur le centre. Celui de l’éducation s’occupera des enseignants et celui de l’Agriculture enverra des ingénieurs agricoles. J’ai pu rencontrer le maire de la capitale et j’espère pouvoir rencontrer le Premier Ministre et le Président.

Quel est ton quotidien autour de ce projet ?

Le projet m’occupe en soirée, après ma journée de travail. Il peut me prendre trois heures. Le montage de l’association Diha en France et le contact avec d’autres grandes organisations me prennent du temps. J’essaie aussi de créer un logo et des t-shirts pour faire parler de l’association.

En quoi ton parcours t’aide aujourd’hui pour ce projet ?

Les formations que j’ai pu suivre m’ont aidé à écrire mon projet. Je peux aussi mieux parler en français et me lancer sur les réseaux sociaux.

Qu’est-ce que t’a apporté le SIAD ?

Les ateliers Cré’Afrique m’ont beaucoup appris. J’ai pu rencontrer les accompagnateurs bénévoles qui m’ont aidé dans l’écriture de mon projet et aussi à trouver des fournisseurs pour les semences.

Quels sont les prochains moments clés pour ton projet ?

Je vais partir en novembre et je cherche à remplir un container de matériaux de construction, de matériel de bureau, de toilettes et d’autres choses. J’espère pouvoir poser la première pierre du centre le 3 décembre pour la Journée Internationale des personnes handicapées.

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