Communiqué // Journée internationale des migrants : pour un développement économique de l’Afrique avec les diasporas et non contre les migrants

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crédit photo : pieuvre.ca

Montreuil, vendredi 18/12 : le SIAD et ses partenaires souhaitent que cette journée soit dédiée tout particulièrement aux migrants victimes de la triste année qui vient de s’écouler et à leurs familles. Malheureusement ils constatent que l’arrivée importante de migrants du Moyen Orient et d’Afrique en Europe et les nombreux drames médiatisés que cela a engendrés n’ont pas ouvert les yeux aux dirigeants européens sur la nécessité de reconsidérer les politiques migratoires qu’ils mènent depuis trop longtemps, et ce pour un développement solidaire et partagé de l’Europe avec l’Afrique.

 

L’année 2015 en Europe a été marquée par des flux migratoires sans précédent et par le nombre de morts et de drames en Méditerranée occasionnés[1]. Elle a été révélatrice des limites de l’Union Européenne à anticiper puis faire face aux problématiques qui régissent les phénomènes migratoires qui sont en marche[2]. Les dérèglements économiques, politiques et climatiques sur le plan mondial ont engendré une insécurité telle qu’une part toujours plus importante de la population mondiale n’a d’autre choix que de partir de chez elle.

Face à ce phénomène qu’accélèrent les situations de guerre et de délitement de l’Etat cette année en Somalie, en Erythrée, en Syrie mais aussi en Lybie, la solidarité européenne a laissé progressivement place à la peur, la stigmatisation jusqu’à à la remise en cause dans certains pays des accords de Schengen sur la question des frontières dans l’Union. Et si en novembre, à la Valette à Malte, le Sommet Europe – Afrique sur la crise des migrants a abouti à la création d’un fonds d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration illégale en Afrique d’1,8 milliards d’euros, l’utilisation de ce fonds semble malheureusement suivre des logiques d’externalisation du traitement de la demande d’asile et d’instrumentalisation des politiques d’aide au développement à des fins de contrôles migratoires.

Depuis 1988 l’association SIAD intervient en Afrique. Elle met en place des dispositifs d’appui à la création d’activités basée sur la complémentarité des acteurs des territoires africains pour faire naitre des solutions adaptées et pérennes aux situations chroniques de sous-emploi et mal-emploi. Elle intervient aussi en France avec ses partenaires pour que les diasporas africaines puissent participer au mieux au développement économique de l’Afrique et y apporter leur détermination, leurs moyens et leur expertise.

Par ces actions cumulées ici et là-bas, le SIAD et ses partenaires souhaitent véhiculer et mettre en œuvre l’idée que la solidarité, et spécialement celle des diasporas, est un levier important pour les Africains afin de mettre en valeur à leur avantage l’immense potentiel dont dispose l’Afrique. Et que le développement qui en découle, s’il est bénéfique à l’Afrique et aux Africains, l’est alors à l’Europe et au reste du Monde.

Ensemble, les signataires de ce texte s’indignent contre les discours qui souhaitent distinguer réfugiés et migrants économiques pour simplifier les politiques d’accueil et surtout d’expulsion. Ils se lèvent ensuite contre le traitement dégradant qui est fait aujourd’hui aux migrants extra occidentaux dans de nombreux pays européens, et contre la stigmatisation des populations migrantes, musulmanes ou plus généralement non blanches. Ils dénoncent enfin le manque de clairvoyance politique de l’Union Européenne et de ses dirigeants qui regardent encore l’Afrique et ses peuples comme un problème et non comme une solution au devenir globalisé du Monde.

Ensemble, à l’occasion de cette journée internationale des migrants les signataires de ce texte souhaitent proposer de changer de paradigme sur la question migratoire en Europe et avec l’Afrique. Les migrants par l’énergie qu’ils déploient à s’intégrer, et plus largement les diasporas, par les liens qu’elles tissent entre territoire d’accueil et territoire d’origine, sont une chance offerte à l’Europe de se construire en paix dans l’échange et le dialogue avec le Monde. Bien les accueillir, c’est d’abord un devoir de solidarité. C’est ensuite un moyen de favoriser leur implication dans l’enrichissement culturel et économique de l’Europe. C’est enfin une opportunité qu’ils participent à une relation solidaire, équilibrée et apaisée entre leur territoire d’accueil et leur territoire d’origine.

Ensemble, les signataires croient en une relation entre l’Europe et l’Afrique construite sur une solidarité à long terme, faite de confiance et portée par l’objectif d’instaurer une relation équilibrée et ouverte qui permette d’abord de lutter contre la pauvreté sur les deux continents, pauvreté dont les causes premières sont la guerre, la mal gouvernance, la prédation des ressources, la concurrence inégale et les dérèglements climatiques. Créer les conditions sociales et économiques nécessaires à l’épanouissement de tous, partout, c’est la solution globale aux drames actuels.

N’investissons plus dans la construction de murs, mais bâtissons des ponts et du développement.

 

Signataires :

Service International d’Appui au Développement (SIAD)

Africum Vitae

Association pour le Développement du Cercle de Yélimané en France (ADCYF)

Association des Ressortissants du Cercle de Kéniéba en France (ARCKF)

Initiative Agricole pour le Mali en France (INAGRIM)

 

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[1] 3600 morts en Méditerranée en 2015 selon l’Organisation Internationale pour les Migrations

[2] 6,7 millions de réfugiés ou demandeurs d’asile en Europe en 2014 – et certainement près de 8 millions en 2015 – pour 4,4 millions en 2013 selon l’UNHCR

crédit photo à la Une : rfi

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