Bilan du Forum sur l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire au Mali

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Le 29 octobre s’est tenue la 4ème édition du Forum sur l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire au Mali.
Le thème au cœur des débats de cette journée était : « Les filières porteuses au Mali : Comment la diaspora peut-elle s’investir, pour quel impact ? »
Le Siad, co-organisateur aux côtés de l’INAGRIM, vous offre un retour sur cette journée d’échanges.

L’INAGRIM est une association créée en France par la diaspora malienne. Son but est de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire en informant et en donnant les moyens à la diaspora d’investir au Mali dans le secteur agricole. L’action du SIAD au Mali, notamment au travers du dispositif de coopération décentralisée entre la ville de Montreuil et le cercle de Kayes, rend pertinent le partenariat de ces deux structures dans l’organisation d’un événement de ce type.

L’année précédente, le Forum avait dû être interrompu par mesure de sécurité de la préfecture.
Le Forum s’est ouvert sur un discours d’hommage aux victimes de l’attentat du 13 novembre 2015 porté par le représentant de la mairie de Montreuil, M. Reznik.

Le président de l’INGRIM, M. Komé, a ensuite pris la parole pour établir un constat de la situation socio-économique malienne.

Le représentant de l’ambassade du Mali, M. Cissé, a ensuite rappelé l’importance de l’agriculture dans l’économie malienne.

Le président du SIAD, M. Bossa, a ensuite souligné la part du SIAD dans les programmes développés avec la coopération décentralisée., ainsi que ses propres programmes d’appui au développement de l’agriculture familiale au Mali.

M. Fofana, directeur national de l’agriculture malienne, représentant du ministre de l’agriculture lors du Forum félicita premièrement les organisateurs de l’événement.

La 1ère table ronde a ensuite commencé.

« Filières et stratégies nationales et internationales de développement agricole pour le Mali : Comment la logique de filière s’inscrit dans la politique agricole au Mali ? Pour quel résultat ? Quelle place pour la diaspora ? »

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M. Fofana a initialement rappelé la situation géographique et sociale du Mali. Le plan national du ministère de l’agriculture a pour objectif de développer et d’accroître la production céréalière, halieutique et pastorale tout en améliorant le quotidien des agriculteurs. Le but est de rendre le Mali auto-suffisant sur les denrées vivrières, ce qui est à sa portée.

M. Tamboura, Président de l’union des coopératives communales des producteurs de gomme arabique du Cercle de Yélimané, a ensuite pris la parole. Il a illustré les points avancés par M. Fofana à travers sa propre expérience sur la gomme arabique et les enjeux qui y sont liés, notamment en termes de développement.

M. Levard, du GRET, a alors pris la parole pour traiter des Accords de partenariat économiques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne. Ces accords n’ont aucun intérêt pour le Mali qui bénéficie déjà de clauses avantageuses. Pour M. Levard, la diaspora devrait soutenir l’agriculture familiale et lui permettre de se développer, tout en luttant contre l’accaparement des terres. Les intrants chimiques doivent être laissé de côté au profit d’une agroécologie durable, respectueuse des sols.

M. Mersadier, coordinateur à Afrique Verte France, a ensuite pris la parole. L’important est également de permettre aux acteurs des filières d’accéder à un système d’information stable pour connaitre les variations des prix. Selon lui, chaque région du Mali devrait avoir une unité de transformation locale afin d’assurer la satisfaction des marchés locaux, des revenus décents et une forme de résilience à l’exode rural. Par ailleurs, les taux d’intérêt des banques et des instituts de microfinance sont beaucoup trop élevés et ne visent que la rentabilité à court terme sans penser à la réalité des bénéfices du secteur agricole. Il faut obliger les IMF à pratiquer des tarifs préférentiels.

M. Dicko, entrepreneur agricole dans l’Office du Niger et membre de l’INAGRIM, a ensuite partagé son expérience. Il a souligné les lourdeurs administratives et les démarches complexes afin de mettre en place son activité.

Il y a ensuite eu un échange avec la salle.

Après une pause pour le déjeuner et un délicieux fonio offert par l’INAGRIM et Mme Camara, le Forum s’est poursuivi l’après-midi avec la seconde table-ronde.

« Filières, agriculture familiale et développement local : où en sont les efforts des acteurs locaux et de la diaspora pour participer à la structuration des marchés locaux de produits vivriers ? Comment la logique filière peut-elle enrichir la démarche de la diaspora et des organisations paysannes locales? »

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Mme Duquesne est intervenue en première. Responsable du programme de promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) au Comité Français de Solidarité Internationale, elle a commencé par évoquer les innovations paysannes et locales que connait l’Afrique de l’Ouest. Selon elle, il faut reconnecter l’agriculture familiale locale aux marchés urbains afin de permettre à tous de consommer local. Le but de son programme est d’assurer une répartition juste de la richesse et de créer de la valeur ajoutée au travail des paysans par la transformation de leurs produits.

Mme Fava-Kourouma, présidente de l’association Femmes Agricultrices du Mali, a ensuite pris la parole. Son association est impliquée dans l’agriculture familiale et contribue à aider les femmes à monter leurs coopératives. Il faut rechercher des rémunérations justes. Il y a une grande difficulté pour les personnes qui souhaitent retourner au pays, notamment à cause de l’enclavement du pays, des coûts élevés, de la mauvaise gouvernance, de la corruption et des coûts cachés pour faire avancer les démarches administratives.

M. Fusillier, chercheur au CIRAD, a ensuite pris la parole à son tour. Son exposé a porté sur la gestion de l’eau et des systèmes d’irrigation existants au Mali. Son travail vise à valoriser le potentiel hydrologique du Mali, essentiellement autour du fleuve du Niger. M. Fusillier à souligner l’importance des études d’impact et de faisabilité en amont de la création d’ouvrages hydrauliques pour les exploitations agricoles. Il ne faut pas céder selon lui aux modèles normatifs qui ne prennent pas ou peu en compte les impératifs environnementaux.

M. Thomas, administrateur d’Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, a ensuite pris la parole. L’objectif est d’améliorer les revenus des producteurs en diversifiant et en transformant leurs produits.
Afin d’appuyer les filières et leur structuration durable, il faut que les agriculteurs puissent investir. Pour qu’ils puissent investir, il faut qu’ils aient des garanties sur leurs terres. Selon M. Thomas, il faut que le gouvernement mette en place un service de conseil aux agriculteurs.

M. Baradji, entrepreneur agricole au Mali a ensuite exposé son parcours.
Après avoir passé 26 ans dans l’agriculture, il est venu en France parce qu’il n’arrivait pas à s’en sortir. Il est ensuite retourné au Mali, avec l’aide de l’INAGRIM, pour monter un projet de pisciculture. Pour M. Baradji, le gouvernement doit apporter une attention particulière à la formation des jeunes. Il a lancé un appel aux autorités maliennes : « Il faut prendre en compte les enfants issus de la migration qui ne sont actuellement pas soutenus. » Le gouvernement doit mettre en place un système d’accès au crédit afin que tout le monde puisse investir dans les équipements adéquats et des unités stockage.

Il y eut ensuite un échange avec la salle autour des recommandations à adresser au ministère pour être capable de nourrir les villes efficacement et durablement.

Le Forum s’est ensuite terminé sur les discours du président de l’INAGRIM et du président du SIAD, soulignant l’importance de la transparence et de l’accompagnement du gouvernement malien pour que la diaspora puisse investir ses fonds et son potentiel dans le secteur agricole malien.

 

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