La méthodologie « pôle avicole communautaire » du SIAD au Sénégal

Femmes SénégalLe SIAD et l’incubateur d’entreprises sénégalais, INNODEV, ont lié leurs expertises afin d’améliorer la condition des éleveuses de la région de Thiès, à Méouane au Sénégal. Pour cela, SIAD et Innodev expérimentent un nouveau concept : le pôle avicole communautaire.
Financé par la Fondation de France, dans le cadre du programme « Promotion de l’Agriculture Familiale en Afrique de l’Ouest » du Comité Français de Solidarité Internationale, le SIAD intervient sur la maitrise d’ouvrage et INNODEV constitue le partenaire technique local.

Le partenariat INNODEV – SIAD s’est noué en 2013 autour d’un objectif commun : le soutien aux petites entreprises innovantes en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement au Sénégal. Dans ce cadre, INNODEV a proposé au SIAD d’apporter ses compétences à la mise en œuvre de projets agricoles développés dans ses régions d’intervention, en partenariat avec des groupes d’agriculteurs.

Le projet de « valorisation de l’aviculture locale par les pôles communautaires » a été conçu en lien avec des groupes d’éleveuses et d’éleveurs qui se sont initiés aux techniques d’amélioration de la productivité locale.

Les poulets de race locale, élevés de manière traditionnelle en milieu rural, ont une qualité de viande très appréciée, mais ils sont peu compétitifs face aux poulets de race dite importée (élevés à partir de poussins ou d’œufs fécondés importés) qui sont cultivés surtout en région dakaroise car ils ne supportent pas la chaleur. Ainsi, la production rurale est concurrencée et ne parvient pas à tirer parti de l’accroissement de la demande urbaine de viande, ni à lutter efficacement contre la pauvreté. A travers ce projet, le SIAD souhaite organiser et moderniser une activité économique féminine de qualité, durable et génératrice de revenus, tout en préservant la qualité et la pérennité d’une espèce locale recherchée par les consommateurs. A l’échelle du pays, il s’agit de permettre aux populations sénégalaises de se nourrir à partir de leur production locale.

Pour cela, SIAD et Innodev développent un nouveau modèle : le pôle avicole communautaire. Ce modèle concentrer environ 100 petits élevages de volaille féminins de 5 villages autour d’un pôle productif, doté d’équipements collectifs. Ceux-ci sont gérés par une coopérative qui apporte des services payants mutualisés à ses membres. L’objectif du pôle est de valoriser les savoirs-faire paysans (l’élevage de basse-cour), tout en spécialisant certaines fonctions critiques, comme la couvaison (le taux d’éclosion actuel ne dépasse pas 10%). Il s’agit aussi de mutualiser des infrastructures et opérations qui ne sont pas accessibles individuellement aux éleveurs faute de moyens (le poulailler, la couveuse) ou faute d’organisation : la vaccination est inutile si elle n’est pas mise en place collectivement pour éviter les contaminations croisées.

La mise en place des équipements et de la coopérative doit permettre, d’une part, d’améliorer la productivité des poulets de race locale, par l’augmentation de leur taux de ponte, d’éclosion, de leur poids, et la réduction de leur mortalité. Cette amélioration de la productivité s’inscrit toutefois dans un système d’élevage qui optimise la valorisation des ressources du terroir et sauvegarde l’environnement (à travers la mise au point de formules alimentaires enrichies à partir des déchets de la production agricole et domestique : tourteaux d’arachide, déchets de poissons séchés, son de mil, graines de maïs et poudre de moringa).

Il s’agit d’autre part d’améliorer les ventes de poulets locaux sur les marchés, grâce à une meilleure compétitivité, aux économies d’échelle, à la mise en place de contrats d’achat et de vente collectifs et globalement au passage à un esprit entrepreneurial. Enfin, l’objectif du pôle avicole et du projet de manière générale est de garantir des revenus stables et croissants aux ménages ruraux défavorisés tout en développant un modèle d’exploitation collective écologiquement et économiquement viable. En effet, la coopérative doit devenir autonome financièrement par les services payants aux membres et la vente de produits d’élevage, pour poursuivre ses services à l’issue du projet. Elle s’orientera alors plus vers le crédit et moins vers les besoins en subvention.

Plusieurs étapes sont nécessaires dans l’accomplissement de cet objectif et la création du pôle :

Sédentariser le cheptel en introduisant des infrastructures pour les poulaillers qui optimisent l’utilisation de matériaux locaux à bas coût, notamment de l’argile. Participer à la construction de micro-poulaillers de 50 têtes.

2° Former techniquement 10 animateurs avicoles et renforcer les capacités des bénéficiaires en gestion d’entreprise et en techniques d’élevage.

3° Optimiser la traçabilité avicole locale et assurer les normes sanitaires. La vaccination de tous les animaux du pôle est effectuée afin de réduire les pertes.

4° Exploiter un grand poulailler collectif amélioré de 100 m2 prévu pour recevoir 1000 volailles.

5° Mutualiser des équipements lourds
, comme une couveuse artificielle solaire et un poulailler pour la finition des poulets. Ces équipements ne sont pas accessibles aux producteurs individuels, mais permettent de proposer une plus grande gamme de produits et d’améliorer la valeur ajoutée de ces derniers.

6° Participer à la création d’une coopérative avicole communautaire et former ses organes de décision.

7° Faciliter l’accès aux services financiers. En permettant à ces éleveuses et éleveurs de sortir de l’économie informelle, il est plus facile de leur permettre d’accéder à des sources de financement.

Appuyer et conseiller les éleveuses et éleveurs afin d’assurer la création d’un lien commercial durable et profitable entre la communauté et le marché.

9° Augmenter la productivité des terres en restaurant la fertilité des sols. Ce point passe par la construction d’une fosse fumière, à partir des déchets de la volaille, ainsi qu’une unité de compostage.

10° Aménager un petit jardin maraicher pour cultiver avec ces intrants.

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