Amadou Coulibaly fait rencontrer pâtisserie française et saveurs d’Afrique

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Un an après la fin de l’accompagnement de la deuxième promotion de Résonances Nord-Sud, le SIAD revient sur un des projets révélés. À presque 40 ans, Amadou Coulibaly porte le projet Amadouceur pour intégrer les produits africains à la pâtisserie traditionnelle française.

Quel est ton parcours ?

J’étais étudiant en droit au Mali mais le système éducatif malien avait beaucoup de problèmes à ce moment-là. Je suis arrivé de Bamako en 2001 et j’ai réussi à trouver un emploi dans une boulangerie-pâtisserie. Plus tard, j’ai intégré une grande brasserie parisienne. J’ai eu l’occasion de remplacer le chef pâtissier certains jours dans la gestion des stocks et la confection des desserts. J’ai eu un déclic pour la pâtisserie. J’ai passé un CAP en pâtisserie pour acquérir de la crédibilité et que mon expérience soit reconnue. Après 12 ans en tant que chef de partie cuisine et pâtisserie, j’ai décidé de voler de mes propres ailes.

J’ai intégré le parcours Cré’Afrique à ses débuts, puis j’ai intégré la deuxième promotion de Résonances Nord-Sud qui s’est terminée en septembre 2016. J’ai pu ensuite intégrer l’incubateur Plaine de Saveurs, spécialisé dans l’accompagnement des projets culinaires.

Peux-tu décrire ton projet ?

Mon projet s’appelle Amadouceur. C’est un projet de pâtisserie française revisitée avec des produits traditionnels africains. J’utilise le bissap (fleur d’hibiscus), la farine du fruit du baobab, le manioc, le mil, le gingembre…

En quoi ton parcours t’aide aujourd’hui pour ce projet ?

Mon expérience et mon CAP pâtissier m’aident pour créer mes recettes et mes produits. Ensuite, le parcours Cré’Afrique m’avait aidé dans la rédaction de mon projet et m’a permis de poser les bases. L’accompagnement de Patricia Laving pendant mon parcours à Cré’Afrique et à Résonances Nord-Sud a été très utile.

Quelle est la taille du marché pour tes pâtisseries ?

Je travaille encore sur mon business plan et je ne peux pas donner de chiffre sur la taille du marché. Mais je vise un public issu des diasporas africaines et le grand public qui cherche de nouvelles saveurs.

MACALIENEn quoi ce que tu offres est en phase avec les attentes du marché ?

J’ai constaté une attente pour de nouveaux produits. Le marché de la pâtisserie a besoin de renouveau dans les produits pour satisfaire les clients. J’ai pu le sentir quand j’ai fait goûter mes produits.

Au-delà d’une simple consommation de pâtisseries, il y a aussi un aspect éthique à prendre en compte. Amadouceur permet la rencontre des produits traditionnels africains et une tradition française, la pâtisserie. Mes produits sont aussi accessibles aux personnes intolérantes au gluten et au lactose.

As-tu déjà des clients ?

Je n’ai pas encore de clients, mais j’ai de futurs clients. Je les ai rencontrés à travers les incubations et les contacts du SIAD. D’ailleurs j’ai eu de très bons retours lors d’une réunion Cré’Afrique et de la dernière soirée de l’Entrepreneuriat Nord-Sud. J’étais également présent lors des évènements SIAD et RNS comme le Pop-Up Store. J’ai pu avoir aussi des contacts grâce à Plaine de Saveurs.

Quelle concurrence as-tu ? En quoi ton projet est différent de ce qui existe déjà ?

Je n’ai pas de concurrents directs à ma connaissance qui proposeraient de revisiter la pâtisserie française traditionnelle avec des produits africains. Mais j’ai des concurrents indirects qui proposent de la pâtisserie traditionnelle française.

Avec qui travailles-tu sur ce projet ?

Je porte seul ce projet. L’incubateur Plaine de Saveurs m’a permis de rencontrer des personnes capables de m’aider en cas de commandes importantes. J’ai aussi rencontré des personnes ressources pour la création d’entreprise.

En terme de prix, où se situent les matières premières que tu utilises et tes produits ?

Le prix des matières premières est abordable mais, c’est la transformation qui est difficile et je placerai mon produit en haut de gamme, à un prix légèrement supérieur à ceux existants.

Quel est ton ambition pour Amadouceur ?

Avoir une boutique sur Paris. Même si l’investissement est important, ce serait une opportunité extraordinaire pour toucher tous les consommateurs et augmenter la valeur ajoutée.

J’aimerais travailler directement avec des producteurs des matières premières en Afrique. C’est ce qui donnera vraiment son aspect économie social et solidaire à Amadouceur. J’attends d’être lancé et qu’Amadouceur soit stable pour aller dans cette direction.

Quel est ton quotidien autour de ton projet ?

Au quotidien, je travaille sur mon business plan et sur la création de nouveaux produits. Je prospecte aussi sur les réseaux sociaux pour trouver des clients. Je participe à des événements. Le dernier en date était la journée du patrimoine à l’auberge de Saint-Denis avec mes camarades de 8 SMILES grâce à Plaine de Saveurs.

amadou03Qu’est-ce que t’a apporté Résonances Nord-Sud ?

J’avais commencé sans savoir ce qu’était créer une entreprise. J’ai vraiment compris l’aspect entrepreneurial. Résonances m’a ouvert des portes, des contacts. Le réseau est très important au démarrage d’une entreprise et après. Il y a eu un travail pour redimensionner le projet. Au départ, le projet devait être localisé à Bamako mais les investissements et les garanties personnelles auraient été trop importants. J’ai opté pour une approche étape par étape et j’ai divisé presque par deux l’investissement initial nécessaire.

J’ai pu bénéficier du retour d’expérience de la première promotion de RNS et des rencontres d’entrepreneurs : savoir où ils en étaient de leurs projets, les opportunités qu’ils avaient rencontrées et leurs galères. Le côté humain était très important, autant que le côté réseau. Je reste en contact avec les autres de la promotion. D’ailleurs je participerai à l’événement du 18 novembre organisé par Alidiatou de Nemalia.

Qu’est ce qui s’est passé depuis la fin de ton accompagnement à Résonances ?

J’ai pu intégrer l’incubateur Plaine de Saveurs. C’est un incubateur culinaire sur 6 mois qui permet de travailler sur les coûts et les offres spécifiques d’une entreprise culinaire. Il permet notamment de tester le projet et les produits en laboratoire. Avec toujours pour objectif la création de mon entreprise.

Quels sont les prochains moments clés pour ton projet ?

J’aurai donc un événement le 18 novembre avec Alidiatou. Je serai aussi présent lors de la Foire des Savoir-Faire à Saint-Denis à partir du 8 décembre, avec Plaine de Saveurs. Enfin, j’ai un événement dont je ne peux pas encore parler mais qui pourrait permettre de lancer Amadouceur en Île de France.

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Pour en savoir plus sur Résonances Nord-Sud, vous pouvez vous rendre sur resonances-nordsud.org

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