Regards Croisés Solidaires, un évènement pour présenter notre soutien aux agricultrices et aux productrices en Côte d’Ivoire

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Fin novembre, le SIAD s’est associé aux deux associations O’Rizon et Les Couleurs de Pont de Flandre pour organiser l’évènement Regards Croisés Solidaires. Le 26 novembre, après une expo-vente de photos et un spectacle de danse, les associations ont présenté leurs actions et sensibiliser les participants aux questions de la solidarité locale et internationale.

Retrouvez les photos de l’évènement sur Facebook

Dans ce cadre, Benjamin Szajda, chargé de projets du SIAD, a pu présenter le projet Structuration des filières vivrières sur l’axe Oumé-Abidjan soutenu par le SIAD depuis 2015 et qui arrive à son terme en février 2018. Grâce au soutien financier de la fondation Les Ailes, de la Fondation RAJA, de la Fondation de France et du Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), le SIAD a pu venir en appui de l’association ivoirienne Dans Mes Bras et former plus d’une centaine de productrices et de commerçantes ivoiriennes.

Depuis 2001, l’ONG Dans Mes Bras soutient et accompagne les femmes isolées qui font face à des problèmes sociaux et économiques en Côte d’Ivoire. En 2009, elle a sollicité l’aide du SIAD et de la COFIDES Nord-Sud afin que ces femmes puissent créer ou améliorer leurs activités génératrices de revenus.

Deux missions en Côte d’Ivoire ont alors été réalisées afin de produire un diagnostic précis des besoins de l’association ivoirienne et de ses membres. Ce diagnostic a permis de construire un projet qui réponde aux besoins sur l’ensemble du circuit d’approvisionnement. C’est lors de cette phase d’élaboration que le cabinet d’étude ivoirien FORSCOT a rejoint le projet.

map ci 3Ce projet a pour objectif de faire émerger un nouveau modèle de développement local tout en participant à l’empowerment et à l’émancipation de la femme ivoirienne. En effet, la formation et l’autonomisation des commerçantes sur le marché d’Abobo à Abidjan et des productrices à Guépahouo est au cœur du projet. De plus, le projet visait à relever les défis sur l’ensemble de la filière des productions vivrières : l’accès à la terre, la productivité, la qualité de la production, la conservation, le transport et le financement de la filière. Le projet a débuté avec la location de 6 hectares pour 3 ans au début du projet, puis de 6,5 hectares supplémentaires début 2017.

En 2015, le projet concerne 100 femmes, 50 productrices et 50 commerçantes, qui ont entre 20 et 40 ans. Les productrices sont le plus souvent femmes de planteurs (café, cacao) et sont installées en milieu rural dans la localité de Guépahouo au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Leur activité principale est l’agriculture céréalière (maïs, riz) et le maraîchage (gombo, piment) qu’elles pratiquent en général de manière individuelle sur des parcelles laissées par leur mari. Les commerçantes sont en majorité des femmes célibataires avec enfants ou de jeunes mères abandonnées. Elles sont installées avec leur famille en milieu urbain dans le quartier d’Abobo à Abidjan. Elles vendent et pratiquent le commerce de produits vivriers entre les campagnes ivoiriennes et le marché d’Abobo. D’abord petites vendeuses individuelles, elles ont été contraintes depuis quelques années de s’organiser.

En 2015, la première année du projet, a permis le recrutement, l’équipement et la formation du personnel de Dans Mes Bras, dans l’objectif d’autonomiser et de professionnaliser notre partenaire ivoirien. Nous avons ensuite procédé au renforcement des capacités des productrices par le biais de formations à la vie associative, à la gestion coopérative, aux techniques de culture biologique, à la comptabilité et à la commercialisation. Les commerçantes ont aussi reçu des formations à la vie associative, à la comptabilité et à la commercialisation. Toutes les autorités politiques et traditionnelles ont été rencontrées afin d’assurer la compréhension des enjeux et de l’importance de ce projet. Des comités de suivi, rassemblant tous les acteurs ont alors été mis en place afin de faire évoluer et gérer les aléas du projet.

La production de la première année n’a pas été à la hauteur de nos espérances : 2,2 tonnes de riz sur 4 hectares ; les quantités de maïs produites n’auront servi qu’à la création des engrais pour l’année suivante ; et le maraîchage a été un échec du fait des aléas climatiques, la région ayant été trop sèche pour ce type de culture. Pour cette première année, la qualité des produits s’est améliorée et la totalité de la production a été achetée par les commerçantes.

Si certaines productrices ont fait défection, celles qui sont restées ont su montrer l’exemple. Cela a provoqué un engouement local pour le projet. À la fin de l’année, le projet comptait 76 productrices.

Au vu des résultats sur le maïs et le maraichage, nous avons décidé de focaliser la production sur le riz. C’est une denrée de base qui peut se vendre à un prix rentable pour tous les acteurs de la filière et qui se conserve longtemps, contrairement aux produits du maraichage.

photo1En deuxième année, les productrices se sont mutualisées et ont baptisé leur nouvelle coopérative « Mantahalé » qui signifie productrice en Kagou. Malgré un semi et un désherbage lents, la production s’est élevée à 12,5 tonnes de riz. Cependant, la coopérative est devenue le plus grand grenier de production de la variété de riz ADRAO dans la zone d’Oumé ce qui assure l’achat de semence pour les années à venir. La dernière séance de formation a permis aux agricultrices de gagner en efficience dans la poursuite des objectifs du projet.

Toutes les leçons ont été tirées et fort d’une récolte enfin rémunératrice, les productrices ont redoublé d’effort sans attendre la supervision ou le suivi des formateurs sur les parcelles.

En troisième année, pour clôturer le projet, deux événements de promotion et de débat sont en cours d’organisation en Côte d’Ivoire : un événement de promotion de l’agriculture vivrière féminine à Guépahouo et une conférence débat autour du rôle des femmes dans le marché à Abobo.

Le SIAD espère que ce projet servira d’exemple et pourra être mis en place dans d’autres pays auprès de nouveaux bénéficiaires. Il a servi à promouvoir une agriculture locale et responsable, une consommation décarbonée grâce à des coopératives travaillant main dans la main pour nourrir les villes à des prix décents pour les consommateurs et rémunérateurs pour les acteurs de la filière. Enfin, le projet a permis de construire du lien social et de fédérer des femmes autour d’un objectif commun.

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