Madifodi Toure et Benoit Spaety: un binôme de choc - SIAD
Madifodi Toure et Benoit Spaety: un binôme de choc

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En Novembre dernier, nous avions rencontré Madifodi Toure et son accompagnateur Benoit Spaety afin qu’ils nous parlent de leur expérience en tant que binôme au sein de Cré’Afrique. Benoit, bénévole de la première heure chez Cré’Afrique et membre très impliqué du bureau du SIAD, avait accompagné Madifodi, entrepreneur d’origine malienne de janvier à juin 2017 sur son projet d’embouche bovine à Kirané au Mali, sur une parcelle familiale jusque-là exploitée de manière non-industrielle. A la suite à cette première expérience concluante, Madifodi et Benoit ont décidé de renouveler leur collaboration pour une nouvelle période de 6 mois.

Retour sur un accompagnement couronné de succès.

Que vous ont apporté ces six mois d’accompagnement ?

Madifodi TOURE (MT) : « On est passé de l’idée à la concrétisation du projet. Au début, ce n’était pas bien structuré, mais on a décidé ensemble des phases d’actions à mener dans le projet. Maintenant on a une fondation solide, on a la vision du projet et la stratégie économique. Au début, je me suis tourné vers l’accompagnement car je voulais m’entourer de personnes compétentes par rapport à des sujets que je ne maîtrise pas. Benoit a été un guide sur comment mettre en place les activités, il m’a accompagné, il m’a rassuré. »

Comment avez-vous connu le SIAD ?

MT : « J’ai connu le SIAD par le biais de M. KOME qui s’occupe de l’INAGRIM. L’année dernière j’avais assisté aux ateliers thématiques de Cré’Afrique. Chaque porteur de projet devait présenter son projet, des accompagnateurs étaient présents. Benoit a dit qu’il était intéressé par mon projet, un bon feeling est passé entre nous. Il a souhaité travailler sur mon projet. On est alors partis de l’idée et on a fait pas mal de choses comme la structuration de la ferme et la stratégie commerciale. »

Pourquoi ce projet vous a intéressé en particulier ?

Benoit SPAETY (BS) : « Cela fait 3 ans que j’interviens au SIAD en tant qu’accompagnateur. Ce projet est de nature différente, je ne connais pas l’embouche bovine.  Ce projet m’a intéressé car il y avait beaucoup d’éléments positifs : le terrain qu’il possède, sa connaissance dans le domaine de la construction, le fait qu’il possède déjà un cheptel. Et puis Madifodi était très intéressé, on voyait que c’était son projet. »

Comment s’est déroulé l’accompagnement ?

MT : « Nous nous sommes vu une dizaine de fois en physique, en dehors des échanges téléphoniques et par mail. On s’était fixé au départ une rencontre par mois, puis ce fut moins fréquent. Quand on avait un axe de travail on se fixait un rendez-vous. Je me rendais chez M. Benoit puis on travaillait durant 2-3 heures. »

BT : « Je lui envoyais les comptes rendu de nos réunions, avec les axes de travail. Ensuite chacun récoltait les informations. Nous ne sommes pas des experts de l’embouche bovine, donc nous nous sommes fait aider par M. Jean-Paul FOURD, bénévole de Cré’Afrique. Il nous a expliqué le système de l’embouche bovine et les pièges à éviter. »

Quel est l’avantage de l’accompagnement du SIAD ?

MT : « On a eu une structure sur laquelle on peut s’appuyer et avoir des informations ».

BS : « L’accompagnateur n’est pas forcément un spécialiste du domaine. Moi je sais comment monter un projet et une entreprise, mais je ne connais pas le processus industriel de l’embouche bovine. Mais je sais que je suis dans une structure où je ne suis pas seul, on peut avoir de l’aide et un accompagnement, même quand on est accompagnateur. C’est un avantage car je me pose des questions sur le sujet, du coup on en arrive à se poser ces questions ensemble. On est sur un même pied d’égalité avec le porteur de projet qui cherche des réponses aussi, cela nous pousse à creuser, à chercher ensemble. »

Quelle sont les particularités des membres des diasporas quand ils mettent en place en place des projets d’entreprises en Afrique ?

MT : « L’entrepreneuriat en Afrique n’a rien à voir avec ici. Mon objectif est de transmettre tout ce que j’ai appris en France aux jeunes (comment monter une entreprise, la valeur du travail). Je fais un mélange de ce que je connais de là-bas et de ce que j’ai appris ici. »

BS : « Le fait de pouvoir accéder à des structures techniques, financières et d’appui au montage de projet, est un vrai plus pour les diasporas africaines. Les porteurs de projet ont souvent de bonnes idées de ce qu’ils veulent faire, ils ont des points forts mais pas une vision globale ce qui inclue une moindre maitrise des risques. Avec Madifodi, nous avons discuté pour ne pas aller trop vite mais construire en mettant pierre par pierre en s’assurant que chaque pierre est bien mise. »

MF : « Je discute avec d’autres entrepreneurs et ils disent que la première erreur est de faire son projet puis de déléguer à la famille. Il faut que le projet soit porté de A à Z par le porteur de projet, que lui soit leader de son projet. Si on veut inscrire sa famille, il faut s’assurer de spécifier le poste de chaque personne et d’avoir également des personnes extérieures à la famille. »

Comment résumeriez-vous ces 6 mois ?

MT : « Ces 6 mois m’ont rassuré. Maintenant vu l’investissement, en temps et argent, que j’ai déjà fait, je ne peux plus faire marche arrière, je dois aller de l’avant. Dans la phase de test, je sais que s’il y a des éléments que je ne maîtrise pas, je pourrais toujours demander à Benoit ou au SIAD. »

BS : « Durant ces 6 mois nous avons repris le sujet dès le départ. Nous avons pris quelques points importants du projet, en voyant quelles étaient les bonnes orientations à prendre. »

Comment définir le rôle de l’accompagnateur ?

BS : « Le projet reste celui du porteur de projet, ce n’est pas celui de l’accompagnateur. In fine, l’accompagnateur doit seulement être un repère, un appui, et dans le projet doivent transparaître les décisions du porteur de projet. L’accompagnateur doit aider le porteur de projet à prendre de bonnes décisions. »

Aujourd’hui, Madifodi s’apprête à retourner au Mali pour concrétiser son projet sur le long terme. Il avait, lors de son accompagnement, réalisé une phase test d’embouche semi industrielle avec 30 zébus, pour cela il avait déjà mis en place les infrastructures dont il a besoin aujourd’hui pour passer à la vitesse supérieure (parc de stabulation, système hydrauliques, etc).  Cette phase test s’était révélée positive en termes de rentabilité mais le terrain manquait cruellement d’un bon accès à l’eau, ce qui conditionnait l’expansion de son projet en termes de nombre de bêtes. Après maintes recherches, l’entrepreneur semble avoir trouvé un technicien qualifié qui pourrait réaliser le forage qui manque à l’accomplissement de son projet.

Le SIAD lui souhaite bonne chance et reste à l’écoute en cas de besoin.

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