Rencontre avec le Réseau des Entrepreneurs de la Diaspora Africaine (REDA)

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En qualité de responsable de la communication du Réseau des Entrepreneurs de la Diaspora Africaine (REDA), Aïssatou Konate Traore présentatrice TV sur Telesud ainsi que sur Africable a accepté de recevoir le SIAD pour une interview sur le thème de l’entrepreneuriat.

SIAD : Bonjour, Aïssatou, tout d’abord merci de recevoir le SIAD, pouvez-vous nous présenter le REDA ? Nous expliquer globalement l’origine de ce projet ?

Aïssatou Konate Traore : Le REDA est l’acronyme pour : Réseau des Entrepreneurs de la Diaspora Africaine, cette association a pris forme juridiquement en juin 2017. Le REDA part d’une idée très simple, avec les premiers membres nous nous sommes rencontrés par hasard au MEDEF(Mouvement des entreprises de France) lors d’un événement ayant pour thème l’employabilité des jeunes en Afrique. Au fil de la discussion nous nous sommes aperçus que nous partagions les mêmes valeurs, une même vision et un même besoin de « plateforme », au sens de lieux de rassemblement, pour les entrepreneurs de la diaspora en dehors de ce type d’événements.

SIAD : Qu’est-ce qui différencie le REDA d’autres associations pour la Diaspora africaine ?

A.K.T : Tout d’abord le REDA a vraiment pour objectif de fédérer tous les membres de la diaspora africaine au-delà des nationalités ou encore du sexe, nous souhaitons permettre à un entrepreneur de « x » nationalité de disposer des clés et des contacts pour investir/entreprendre dans un pays « y ». Notre association à vocation à créer de la valeur à travers trois piliers : l’entraide, la mutualisation et la croissance partagée.

SIAD : Quels moyens avez-vous mis en place pour échanger vos idées et créer cette communauté créatrice de valeur ?

A.K.T : Pour faire vivre l’association il nous semblait indispensable de faire se rencontrer les entrepreneurs entre eux, nous avons, dans un premier temps privilégié ceux étant à cent pourcents sur leur projet et depuis le début de l’année 2018 nous organisons des petits déjeuners une fois par mois sur des thématiques bien spécifiques.

Dernièrement nous avons principalement évoqué des sujets liés au financement avec un petit déjeuné dédié au crowdfunding ou encore un sur les questions juridiques liées au financement.  Nous choisissons de traiter de thèmes spécifiques afin de répondre à un besoin précis des entrepreneurs, nous avons vocation à leur apporter des clés et des armes pour développer leur business, cependant l’association est organisée de manière très horizontale et toute idée de thématique est la bienvenue.

SIAD : On peut dire que le REDA connait une forte expansion ces dernier temps, j’ai vu que vous cherchiez à étendre vos équipes et recherchez un stagiaire, a quoi attribuez-vous cet engouement ?

A.K.T : Je pense qu’il s’agit en premier lieu d’un mouvement lié à la prise d’importance de l’entreprenariat en France en général. Il faut savoir qu’en Afrique, l’entreprenariat n’est pas du tout une nouveauté.  Généralement, les membres de la diaspora ont au moins un de leurs parents issus du tissu entrepreneurial. Aujourd’hui en France tout le monde se rêve entrepreneur, cependant les membres de la diaspora souhaitant entreprendre en France ou en Afrique se heurtent à des problématiques leur étant propres.

SIAD : Quel sont les perspectives de développement pour le REDA ?

A.K.T : A moyen terme nous souhaitons lancer un programme d’accompagnement pour les entrepreneurs, notre but n’étant pas de les aider dans le cheminement initial de leur projet mais plutôt de leur apporter un accompagnement spécifique sur des problématiques bien précises. Aujourd’hui un entrepreneur africain n’ayant pas la nationalité française, se heurte à de nombreuses barrières administratives, de la part des préfectures par exemple. Nous avons pour objectif de rendre ces obstacles moins importants en leur apportant des solutions pratiques et concrètes. Nous souhaitons de plus mettre en place un réseau « inter-étatique » d’entrepreneurs qui permettrait aux projets de s’étendre sur plusieurs pays de manière facilité.

En second lieu, nous souhaitons constituer un fonds d’investissement pour les entrepreneurs de la diaspora africaine. Cette idée vient du constat suivant : en France il existe des fonds pour entrepreneuriat dirigés vers la France ou encore vers l’Europe, mais qu’en est-il de entrepreneuriat vers l’Afrique ? L’idée est donc celle d’un fonds d’investissement français dirigé vers des projets entrepreneuriaux sur le territoire africain en plus d’une mise à disposition d’un réseau de partenaires locaux.

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