BooloFood: favoriser l’insertion par la restauration en coopération Nord-Sud

Pour cette rentrée nous sommes allés à la rencontre de Codou, entrepreneure de talent dans la restauration. Codou a lancé cette année un service de traiteur et de brunch africain dans le XVe arrondissement de Paris, porteuse de projet déterminée et ambitieuse elle ne compte pas s’arrêter là et multiplie les projets pour BooloFood.DSC_0606

Bonjour Codou, aujourd’hui tu es à la tête de BooloFood, une association de restauration que tu as créé en 2015, peux-tu nous expliquer comment tu en es arrivée là ? As-tu toujours rêvé de travailler dans la restauration ?

D’origine sénégalaise, je suis arrivée en France à l’âge de 16 ans avec ma famille et j’ai décidé d’y étudier la comptabilité. J’ambitionnais de devenir experte comptable. Ma mère, elle, travaillait dans des foyers de migrants, dans des cuisines collectives. J’allais souvent l’aider et c’est là que j’ai pris goût à la cuisine et surtout au service, aider dans ces cuisines c’était des moments où l’on retrouvait du partage et de la convivialité comme en Afrique.

 Tu as alors décidé de t’orienter vers la restauration ?

Non pas encore, suite à des problèmes administratif j’ai dû rentrer au Sénégal, j’y ai repris mes études de comptabilité afin d’obtenir l’équivalent d’un BTS comptabilité. Une fois ces soucis administratifs réglés je suis retournée en France mais c’était compliqué de reprendre mes études. J’ai alors commencé à chercher du travail. Les emplois dans la restauration étant nombreux, j’ai décidé de me former au service et j’ai suivis 6 mois de cours intensifs. J’ai ensuite travaillé en tant que barmaid, chef de rang, puis je suis passée maître d’hôtel et finalement en 2009, sensibilisée par les problématiques sociales, j’ai cofondé l’association Afrique et Espoirs afin de répondre à un appel d’offre pour la gestion d’un restaurant social que nous avons nommé « Le Baobab » à Ivry sur Seine, j’ai postulé pour sa gestion et j’ai été retenue.

Qu’est ce qui t’as plu dans la gestion de ce restaurant social ?

Le restaurant était basé sur un modèle économique de Chantier d’Insertion : se restaurer à moindre coût avec des produits frais et des plats faits maison réalisés par des personnes en insertion. L’objectif lors de la création de l’association Afrique et Espoirs était triple ; ouvrir Le Baobab au public le plus large et divers possible et pas seulement aux usagers des foyers migrants ou primo-arrivants, accompagner des personnes en difficultés dans l’emploi durable et proposer des plats saints et faits maison à un moindre coût.

Est-ce cette expérience qui t’a donné envie d’entreprendre ou as-tu toujours voulu faire ça ?

J’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. J’ai envie d’apporter des solutions impactantes à des problématiques sociétales. Ce qui a vraiment lancé mon projet actuel ce fut un voyage au Sénégal en 2015. Le nombre de jeunes sénégalais à vouloir émigrer en France pour travailler a été pour moi un électrochoc et je me suis dis qu’il fallait créer une structure pour permettre l’insertion par la restauration en coopération Nord-Sud. Permettre aux jeunes du Nord de s’insérer par le voyage, par des transferts et échanges de compétences mais aussi par l’alimentation durable. Permettre aux jeunes du sud de développer des compétences et créer des activités génératrice de revenus.

Entre 2015 et 2018 comment ton projet a-t-il évolué ?

Une fois de retour en France, j’ai cherché des incubateurs afin de développer mon idée et être appuyée, c’est alors que j’ai découvert Résonances Nord-Sud. Lorsque j’ai intégré la promo 4 de RNS nous avons travaillé sur mon business model et j’ai dû prioriser mes activités (viser haut mais commencer petit). J’ai décidé de mettre en place une entreprise de traiteur où nous utiliserions des produits traditionnels produits par des jeunes et des femmes au Sénégal en faisant appel au circuit court et en travaillant avec des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) en France. J’ai comme perspective de proposer des plats « de la graine à l’assiette ».

Aujourd’hui BooloFood propose un service de traiteur et un brunch en nomadisme avec le restaurant La Grenouille Bleue dans le XVe, peux-tu nous en dire un peu plus sur cette activité ?

Depuis le mois de mars j’étais en phase de prototypage afin de vérifier la viabilité de mon business model. Le restaurant la Grenouille Bleue a accepté de me mettre à disposition ses locaux au lieu de fermer pour le weekend afin d’y organiser tous les samedis un brunch africain.

A la rentrée notre offre va évoluer et afin d’exploiter au maximum cette phase test nous allons déplacer nos brunchs au dimanche et uniquement le premier dimanche du mois. De plus nous accueillons en septembre notre premier apprenti qui va nous aider au niveau notamment du design (web, produits…).

Quels sont tes projets d’avenir pour Boolofood ?

Notre but serait de trouver un local qui nous permettrait de réaliser toute la semaine notre activité de traiteur tout en continuant de travailler avec les groupements d’intérêts économiques de jeunes et de femmes au Sénégal et les AMAP en France ett permettre le maximum de jeunes sans emploi de s’insérer dans la vie active.

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