Monter son entreprise en lien avec l’Afrique : Mode d’emploi

  Monter son entreprise est toujours ardu : trouver la bonne idée, monter son dossier, rencontrer des investisseurs qui croient en votre projet et finalement travailler d’arrache-pied pour démarcher ses premiers clients, l’aventure est excitante mais périlleuse. Pour les entrepreneurs issus des diasporas qui font le choix de créer leurs entreprises en Afrique ou en lien avec elle, le cheminement est le même mais peut se révéler plus tortueux.

Au Siad, nous accompagnons de plus en plus ces jeunes entrepreneurs (en majorité des femmes), souvent plus éduqués que la majorité des migrants et qui se retrouvent tous les deux mois au sein du groupe Cré’Afrique. Les difficultés rencontrées relèvent bien souvent de l’éloignement géographique entre le porteur et son projet ; il devient alors plus compliqué de faire remonter les bonnes informations du terrain, de se rendre sur place (impossible de faire un voyage d’affaire classique de quelques jours lorsqu’on se déplace sur fond propre) et la nécessité de trouver des partenaires de confiance pour gérer les relations avec les fournisseurs.

Depuis 25 ans déjà, lAdie-Montreuil accompagne également ces futurs chefs d’entreprise, et aujourd’hui, un tiers d’entre eux porte un projet en lien avec l’Afrique. Pour Olivier et Nasradine qui les accompagnent financièrement dans leur démarche, les principales difficultés rencontrées sont bien sûr économiques : difficultés à mobiliser un fond d’amorçage pour la création de l’entreprise, relations tendues avec les institutions de finance qui sont frileuses à investir sur un projet africain et produits financiers non adaptés aux besoins de l’entreprenariat Nord-Sud (avec des remboursements sur deux ou trois ans seulement pour des investissement qui se font à plus long terme).

  Les difficultés viennent aussi d’une mauvaise préparation aux réalités de l’entreprenariat : les futurs entrepreneurs ne sont pas toujours prêts par exemple aux exigences de formalisation de leur chiffre d’affaire, pourtant nécessaire lors d’une demande de refinancement. Un obstacle récurent est aussi le manque de formation sur la réglementation liée à l’import/export de marchandise, qui conduit souvent à un blocage à la douane.

Cette problématique de Fret est bien connu des entrepreneurs Nord-Sud car elle tient aussi en grande partie au manque d’infrastructure et à l’enclavement qui caractérisent certains pays africain et freinent le développement des micro-entrepreneurs. Une étude de diagnostic de la Banque Mondiale menée tous les deux ans montre d’ailleurs que, du fait du fort déficit dans le domaine des transports, cela coûte plus cher à des pays enclavés d’exporter par voie maritime que par voie aérienne alors que, normalement, cette dernière est trois fois plus chère.

  Pour venir à bout de cet obstacle, l’Adie à mis en place une formation spécifique sur l’import-export qui permet aux entrepreneurs de se sensibiliser sur la réglementation en vigueur. Au SIAD, nous avons également formé nos équipes d’accompagnateurs à la question épineuse du fret au côté de la Coopérative de Formation pour une Economie Equitable. Au programme, une demi-journée animée par Green Suply Chain sous forme d’ateliers « découverte » pour se familiariser avec les commissionnaires de transports, le ferroutage, l’assurance transport … bref, s’armer pour instaurer des relations de travail équitables avec les fournisseurs mais aussi les clients.

 L’accompagnement des porteurs de projet reste donc la meilleure façon de se prémunir contre les problématiques de l’entreprenariat Nord-Sud. « Il est important d’apprendre à se projeter, à prendre le temps de bâtir un modèle économique solide plutôt que d’essayer de faire comme le voisin ou d’exercer une activité sous prétexte qu’elle représente une opportunité à un moment donné » conseille Nasradine. C’est pourquoi il est pour nous indispensable de regrouper les initiatives favorisant l’entreprenariat Nord-Sud, créer des synergies communes entre accompagnants / financeurs et partenaires africains et proposer un soutien qui soit le plus complet possible pour répondre aux besoins des entrepreneurs qui s’investissent en France et en Afrique. La création d’un statut dédié qui permettrait d’officialiser l’activité tout en restant sous le régime général de la sécurité sociale (porté par l’Adie), ou encore l’incubation physique ou virtuelle des porteurs pour suivre les projets de l’idée à la création, le plaidoyer auprès des financeurs pour ne pas faire de la rentabilité l’unique condition d’un soutien financier : nous nous engageons auprès de l’Adie et bien d’autres pour faire de l’entreprenariat Nord-Sud une aventure collective et sereine.

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  1. Sheila Mukasa dit :

    Bonjour,

    Je vis en Belgique et j’ai un projet de mettre en place une petite savonnerie en Ouganda. Cette savonnerie fabriquera des savons naturels selon le procédé de saponification à froid. Les ingrédients seront achetés directement aux fermiers et on projette d’engager une dizaine d’ouvriers. Ce projet nécessite un capital de départ de +/- 20.000€. Je suis donc à la recherche de financement.

    Que pensez-vous de ce projet et comment pourriez-vous m’aider?

    Merci d’avance pour votre réponse.

    Bien cordialement

    Sheila Mukasa

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