Oumou Doumbia : l’entrepreneure du mois

Découvrez ce mois-ci le projet d’Oumou Doumbia : Nature d’Afrikune entreprise qui importe en Europe du beurre de karité 100% biologique, produit et transformé au Mali par des coopératives de femmes !

 

La coopérative de femmes 

 

Pourriez-vous commencer par nous présenter votre parcours personnel, vos précédentes expériences et ce qui a nourri votre envie de créer votre entreprise ?

Je suis d’origine Malienne, arrivée en France il y a 23 ans j’ai travaillé dans des établissements privés et actuellement dans la fonction publique. L’organisation et le fonctionnement de ces différents établissements m’a permis d’approfondir mon idée de créer ma propre entreprise dans le secteur du développement durable en commençant par le statut d’auto entrepreneur.

 

Pourquoi en particulier le business d’import de beurre de Karité? Selon vous, qu’elles sont les atouts de Nature d’Afrik dans ce secteur d’activité ?

Le beurre de karité est un produit que je connais et avec lequel j’ai grandit. Dans mon village natal, j’ai participé depuis toute petite au ramassage des noix et à la production du beurre auprès de ma famille. A mon arrivée en France, j’ai tout de suite constaté que ce produit d’une qualité exceptionnelle est utilisé dans les produits cosmétiques mais en très faible quantité. C’est là que l’idée m’est venue : comment valoriser le savoir-faire ancestral des productrices rurales Maliennes ? J’ai donc pensé à importer du beurre de Karité pour valoriser et promouvoir le travail des productrices. L’atout principal de Nature d’Afrik est qu’étant originaire du Mali, j’ai une bonne connaissance du terrain et du produit cela facilite énormément le partenariat avec les coopératives productrices du beurre de Karité dans ma propre commune au sud du Mali.

 

Quels sont pour toi les principales difficultés que rencontrent aujourd’hui les entrepreneurs souhaitant lier leur activité en France avec l’Afrique ?

Les exigences du marché européen sur les différents documents de conformité ou de sécurité sur les produits cosmétiques sont une grande difficulté. Pour le financement aussi c’est difficile car étant en France et le produit venant du Mali, les bailleurs n’ont pas confiance en la réussite du projet vis à vis de l’exigence européenne. Le manque de moyens des pays en voie de développement pour répondre à ses obligations est également un obstacle.

Je n’ai aucun problème avec les productrices, c’est un partenariat direct avec les productrices dans le cadre du commerce équitable, elles fixent leur prix librement. Elles sont prêtes à se battre pour améliorer leurs conditions de vie. Elles sont très déterminées à répondre aux exigences dans la mesure du possible.

Concernant les obstacles que je rencontre, j’ai été obligé de faire un choix malgré moi. J’ai dû choisir une seule coopérative pour commencer. Grâce à leurs efforts et l’appui des ONG, leur beurre est produit dans le respect de l’environnement, il est analysé par un laboratoire au Mali et est certifié équitable avec le certificat de conformité Flo-cert. Cela me permet de vendre mes produits aux artisans qui transforment  et en même temps de chercher des partenaires dans les laboratoires cosmétiques en France.

 

Quels sont selon vous les principales difficultés que rencontrent les entrepreneurs aujourd’hui pour monter leur projet, les faire financer ?

La grande difficulté est qu’entreprendre est un grand pari risqué mais il faut bien se lancer un jour. Seulement pour le financement ils ont du mal à croire en la réussite du projet.

 

Qu’elles sont les prochaines étapes pour Nature d’Afrik ?

 Nature d’Afrik donne la priorité à la recherche de partenariats auprès des artisans transformateurs et des laboratoires cosmétiques pour promouvoir le savoir-faire des productrices rurales du Mali. Nous avons également besoin de toutes les forces du commerce équitable pour nous faire connaître. Nous souhaitons dans une démarche commune avec les productrices obtenir la certification bio. Cette certification demande un budget élevé vu le contexte économique du Mali, les productrices n’ont pas les moyens de la financer. Nature d’Afrik prévoit d’élargir son partenariat vers les autres femmes productrices de beurre de Karité et d’huiles végétales au Mali dès que nos moyens financiers nous le permettrons. C’est pour cette raison que nous profitons de cette interview pour lancer un appel à tous les acteurs du secteur cosmétique, équitable et autres pour nous aider dans ce projet qui a pour but d’améliorer les conditions de vie de la population rurale du Mali : soit dans le cadre d’un partenariat, soit en achetant nos produits, soit en en parlant autour de vous tout simplement.

 

Comment as-tu connu le Siad et qu’a-t-il apporté à ton projet ? Comment s’est passé l’accompagnement dans la construction de ton business-plan, ta recherche de financement ?

 J’ai connu le Siad à partir d’internet, il m’a accompagné dans la réalisation de mon projet avec des conseils clefs ce qui m’a permis d’avancer. Je profite de l’occasion pour témoigner ma plus grande reconnaissance à cet organisme en particulier à Guillaume et Rachel mon accompagnatrice, on a toujours besoin d’eux pour toute initiative qui peut nous permettre de nous développer, encore merci.

 

Si tu devais donner un conseil aux entrepreneurs voulant créer une entreprise en lien avec l’Afrique, lequel serait-il ?

Croire en leur projet, être très déterminé et ne jamais baisser les bras devant les obstacles car l’Afrique a besoin de nous tous pour son développement. Croyons en nous, l’union fait la force.

Retrouvez les produits Nature d’Afrik sur leur site

facebooktwitter

Partager cet article


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*